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Escalade en face Nord de l'Eiger avec Léo et Max pour grimper "Magic Mushroom"

Magic Mushroom dans les contreforts de l'Eiger (600m, 7c+ max). Avec Max Bonniot et Léo Billon du GMHM.

Le jeudi 1er août 2019


Nous devions aller en face Sud du Mont Blanc avec Léo puis les choses ont évoluées. Après une grande hésitation au vu de la longueur de route annoncée, j'ai craqué et me suis embarqué pour un voyage en terre Oberland.


Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, juste à faire le porteur et préparer le terrain dans les longueurs faciles, comme à mon habitude. Je n'avais que des images en tête de ces escalades en face nord de l'Eiger. Je me souviens surtout de Deen Poter en solo avec son parachute, dans Deep Blue Sea, son ipod dans les oreilles. Drôle mais effrayant.


J'imagine avant d'y aller, une grimpe ultra engagée, faite pour les plus couillus et les plus "au dessus du niveau" pour espérer sortir.


Et bien que nenni ! La falaise se présente comme une Tour Termier avec un socle de l'Olan, en plus petit et plus grimpant. Le rocher est incroyablement similaire à celui des Cerces ! Un calcaire aux coulées bleus, des sections rougeâtres et des arquées à n'en plus finir. Un grain hyper agréable pour une qualité irréprochable. Un équipement qui permet de pouvoir voler sans se faire peur dans quasiment toutes les longueurs. C'est d'ailleurs très bien équipé "aéré". Peut être un point de renvoi plus proche n'aurait pas été de trop dans chaque longueur dure. Des cotations justes, pas sévères. Le tracé est "à la Mussato", en prenant les parties les plus grimpantes, en tirant au plus esthétique, en évitant les lignes logiques de dièdres trop faciles.

Max et Léo au bivouac dans le chantier de l'Eiger Glacier Station

Le grand Max et son rire communiquant

Le matin de l'ascension , passage obligatoire dans le tunnel pour trouver LA porte qui donne directement accés au milieu de la face Nord de l'Eiger

Après s'être extirpé par la porte dérobée, il faut trouver l'itinéraire de la voie dans ces gradins pourris

Une belle mer de nuages pour nous accompagner...

Les premières longueurs sont glauques : mouillées, pas faciles, les points très éloignés, peu homogène avec la suite...

Je me lance dans le premier 7c, je n'enchainerais pas, j'arrêterais une fois, déçu car je me sentais bien ! C'est mon style...

Les deux lurons se régalent derrière !

Une belle longueur en 7a+ sur une proue magnifique et très raide

Un autre 7a+, bien pêchu !

La vallée de Grindelwlad et le Wetterhorn à droite où se trouve paraît il de magnifiques escalades

Grindelwald

Max dans un 7a+ très continu

Léo et moi derrière en seconds

C'est toujours plus facile derrière !

Max s'en va pour le long 7c+, il n'enchainera pas à vue, mais au deuxième essai

Dur de trouver les méthodes, pas de traces de magnésie et çà change tout dans ce genre d'escalade !

Léo enchainera la longueur flash, de mon côté je me bas mais je n'y parviendrais pas, pour autant je me régale !

Max dans la dernière longueur en 7b, bien bloc

Léo arque les dernières prises de la voie

La descente se fait dans un terrain raide avec de nombreux cairns puis sur la fin des peintures, il ne faut pas tomber. On rejoint rapidement la gare en 1h environ, max.

La station célèbre de "l'EigerGleschter", depuis laquelle furent observés les ascensionnistes de la dernière face nord à escalader.

Notre escalade se déroule à gauche de la première tour très raide

Le Mönch

Notre voie se déroule à droite du grand dièdre, on distingue sur le fil de l'arête, 100m à droite de la fin du dièdre, le "Champignon", qui caractérise la fin de notre voie. C'est depuis ce monticule rond que s'élance les Base Jumpers


C'est la numéro 32, çà parait dingue mais oui, c'est long ! Les voies de droite sont, vous l'imaginerez, pas facile à la journée !

La vue depuis Grindelwald, il commence à pleuvoir, ouf ! Ici la météo est capricieuse, même quand les modèles prévoient grand beau...


Mais alors pourquoi venir jusqu'ici ? Ce qui est sûr c'est que ce n'est pas de la montagne comme on peut l'imaginer quand on vient dans la face nord de Eiger. L'imaginaire collectif nous amène à croire en des courses forcément dures, mixtes et engagées.


Non, on vient pour le plaisir et la beauté de l'escalade. Le socle peu raide mais contenant nombreux blocs en équilibre et des longueurs souvent mouillées, sélectionnent quand même ceux qui peuvent/veulent venir tenter cette belle face. Le reste, en gros les 300 derniers mètres, ne représentent qu'à eux même le "ce pourquoi on vient ici" ! C'est bien peu justifiable allez vous me dire.

Et bien, c'est sûr que quand on peut trouver l'équivalent à côté de chez soi, à quoi bon ? Je vous l'avouerais, ce n'est pas l'unique raison, sinon je crois que je ne serais pas venu !

A l'Eiger, il y a des choses qu'on ne trouvera pas dans les Cerces, que ce soit au Pic de l'Aigle, au Raisin ou ailleurs...


Tout d'abord on ne trouvera pas de ville rupine aux chalets parfaits, on ne trouvera pas de trains à crémaillère qui coûtent un bras (quoique pour les guide c'est 15€ aller/retour, honnête !), on ne trouvera pas de bivouac sur un chantier BTP, une chambre correspondant à un entrepôt de dynamite. On ne trouvera pas non plus d'approche dans un tunnel, avec une porte qui, au kilomètre 3,67, nous propulse directement dans la face nord !!! Pour finir, on ne trouvera pas de Base-jumpers et Wingsuiters sauter juste au dessus de nous en grimpant.


Bref, ici l'aventure n'est pas dans l'escalade, le nombre de points est trop important pour imaginer pouvoir se perdre. Non, ici l'aventure réside dans ce qui entoure l'escalade, dans les instants que l'on vit avec ses copains dans ces moments privilégiés d'égoïsme occidental sans scrupules environnementaux !!!


Alors merci les copains

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