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Expédition au Népal, Pandra 2017

Du 24 septembre au 29 octobre, les trois alpinistes que nous sommes, soutenus par la FFME via la Bourse Éxpédition Performance, avons passés un mois au Népal pour ouvrir un itinéraire technique dans une face perdue de l’himalaya Népalais oriental.


L’équipe était constituée de Pierre Labbre, guide de haute-montagne à Chamonix, Mathieu Detrie, guide de haute-montagne du bureau de la Grave et moi-même, guide de haute-montagne à Monêtier-les-Bains.


Au Népal, l’automne est une période propice à des ascensions en Haute-Montagne de part l’installation systématique d’un régime anticyclonique après celui de la mousson entre juin et septembre.


Pour profiter au maximum des bonnes conditions, nous sommes arrivés peu de temps après la mousson. Notre objectif fut un magnifique sommet culminant aux alentours des 6700 mètres, le Pandra (« quinze » en Népalais). Cette montagne est située à l’extrême Est du Pays, dans la région du Kangchenjunga (8586 mètres). Elle présente une face Nord-Est raide de 1200 mètres de mixte.


La face vu depuis le camp d'acclimatation

C’est une face qui a été tentée l’automne 2016 par une cordée Japonaise, en échouant à 300 mètres du sommet. C’est cette tentative qui nous amené à envisager ce projet après la publication de photos sur le site de l’American Alpine Journal.


Entre autres, étant allé chacun plusieurs fois au Népal, nous voulions nous écarter des « classiques » que sont le Khumbu, les Annapurnas, etc… et trouver un terrain de jeu plus aventureux, plus sauvage et moins connu. Le Pandra était donc parfait. Il n’a été grimpé qu’une seule fois en 2002 par des Danois par la face Sud.


Le 25 septembre nous sommes donc arrivés à Katmandou. De la capitale nous avons entamés notre périple vers l’Est. Après 2 jours non stop de bus dont quatre heures de Jeep en terrain miné, nous sommes arrivés le 29 septembre au point de commencement de notre trek pour rejoindre le camp de base.


Après de nombreux jours de marches et d’acclimatation facile autour des villages de ce trek sauvage (le trek du kangchenjunga est connu des trekkeurs mais peu fréquenté car la logistique est laborieuses, les lodges ne sont pas encore développées comme dans d’autres massifs, et le coût du trek est onéreux), nous avons enfin pu installer le 06 octobre notre camp de base à 5100 mètres d’altitudes, dans la vallée du glacier Lhonak, non loin du Pandra.


De là nous avons débuter la véritable acclimatation avec deux nuits à 6100 mètres et un sommet à 6250 mètres, situé pile en face de notre projet. Cela nous a permit de bien étudier l’itinéraire, le choix de l’emplacement des bivouacs, et la durée d’ensoleillement de la face. Cette année les conditions sont alors excellentes comparées à celles des Japonais ! Tant mieux pour nous c’est top !



Benjamin_Védrines_et_Mathieu_Detrie_au_Camp_d'acclimatation_6100m


De retour à notre camp de base, nous étions prêts à partir dans la face car bien acclimatés et motivés. Une période de temps instable nous a permit de bien se reposer avant le grand départ.

Le 15 octobre nous sommes partis avec des sacs bien lourds pour rejoindre notre camp de base avancé à 5550 mètres, toujours en rive gauche du glacier Lhonak, à deux heures du pied de la face nord-est du Pandra. Cela nous a demandé quatre heures d’efforts.


Le 16, après une bonne nuit de sommeil, nous avons commencé l’ascension vers 11 heures du matin. Comme convenu nous avons atteint le bivouac convoité. Les difficultés ont déjà commencées.

Le 17 une longueur délicate nous demande du temps pour franchir un passage difficile, puis une seconde sous le bivouac également. Malgré tout nous parvenons à notre deuxième bivouac, très confortable, situé dans un renfoncement naturel, sous forme de grotte. Parfait pour récupérer !


Enfin, le troisième jour, une partie que nous ne voyions pas du bas nous fit la belle surprise de nous offrir un passage plus facile que prévu. Après cela une dernière longueur délicate nous amena dans la partie finale, composée d’Ice Flute et d’une grande pente de neige à 50° sur 150 mètres.

Vers 14 heures, nos visages purent sourirent de bonheur face aux immensités de paysages Himalayens qui se présentaient devant nous. Le sommet en poche, la descente dans la voie nous remit dans le vif du sujet, surtout pas de déconcentration !


L’idée de redormir au dernier bivouac s’est vite fait oubliée face à l’envie de terminer le boulot. Ainsi, en se relayant pour construire les relais de rappel, nous avons atteint le plat du glacier, au pied de la face, vers 21h30. Nous nous sommes effondrés dans nos duvets après un thé bien mérité !


Le 19 nous étions de retour au camp de base principal, heureux et fiers d’avoir pu grimper un itinéraire de cette ampleur, avec des conditions météorologiques, humaines et de terrain absolument exceptionnelles. Cela nous a permit de profiter au maximum de la grimpe, qui fut très esthétiques avec des belles longueurs de glace, de mixte et de neige.


C’est pour cela que nous avons décidés de la nommer « Peine Plancher », car nous avons eu le « minimum syndical » en termes de dangers, de risques, et de peine.

Notre retour à Katmandou s’est fait le 27 octobre avec comme vous l’imaginez bien, une belle soirée festive de fin d’expédition !


La voie est cotée ED, M6, WI6, 1200 mètres.


Un énorme merci à la FFME pour son soutien financier. Ce sont des projets ambitieux qu’il est toujours bon de soutenir et nous sommes fiers d’avoir pu représenter cette Fédération qui aide et contribue aux réussites comme celle-là. A Bientôt !

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