Meije en Neige, trip à l'Aigle
Depuis que le mauvais temps inonde le ciel de nuages ronronants, nous attendions tous avec impatience le bleu azur de notre ciel habituel.
Dans les Ecrins, la légende dit que les 365 jours de l'année sont pour la plupart dotés d'un temps clément, où le soleil reigne. Hélas si un jour cette vérité fut véritable, elle n'est en aucuns cas véridique de nos jours.
Mais ne nous plaignions pas trop tôt, arrive bien un jour où l'étoile jaune rayonne. Et c'est peu dire, quant il fait son grand retour, ce n'est pas qu'à moitié !
Le doigt de Dieu, et tout à droite la brèche Zigmondy
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Ce jeudi 14 donc, le voila qui pointe le bout de son nez, après que le vent ai chassé sa couverture dans la nuit, rendant le sommeil bien agité...
C'est donc avec plaisir que nous nous sommes levés, en cette fraîche nuit du Jeudi.
Le Gravelotte nous ouvre ses portes, son ascension par M. Gravelotte, Casimir et Devouassoud Gaspard et Joseph Turc le 24 septembre 1898 n'appelle qu'au respect des anciens.
Le toboggan de départ
La face Nord avec le Z et la Directe
N'étant pas extrême, il devait encore moins l'être à cette époque. Mais nombreuses étaient les barrières psychologiques qui bloquaient l'accès aux hommes à la haute Montagne, encore plus dans cette face Nord de la Meije. Visible depuis la vallée, elle devait être le spectacle de rudes concurrences alpines.
La neige étant fraîchement tombée, les spindrifts s'enchaînent, le premier ressaut ressemble à une douche de flocons légers en masse. Une masse recouvrant désespérément tout le corps. Le hissage n'est pas vain.
Les corridors ayant étés victimes de coulées récidives
La glace est bonne dans la deuxième longueur, les broches se vissent, puis se dévissent. Le couloir se remonte aisément, la neige est là, en profondeur, mais la goulotte de fin est victime de ces interminables coulées, la branche de droite qui rejoint l'arête sera préférable.
Nous ne pouvons atteindre le Grand Pic pour cette fois, la neige est trop présente, et l'horaire que nous tenons ne nous le permet pas. Nous profitons alors de cette traversée magnifique, aujourd'hui sous la neige vierge. Une belle virée...
Antoine dans la traversée des arêtes de la Meije
Le lendemain, ayant pour objectif les corridors à ski, Antoine n'a pas la patate, alors l'objectif est changé et la Biju Duval fait son entrée. Les deux longueurs sont communes au Gravelotte, puis dans une logique parfaite nous partons droit dans le premier grand ressaut de glace. L'inclinaison n'est pas des moindre, les protections sont trop peu espacées, et au bout de quelques mètres plus de broches, rien de quoi protéger, mauvais calcul, il faut assumer...
Mat a la fin du premier ressaut de la Biju-Duval
Nous avançons d'un bonne allure est rapidement la 3ième dent nous offre le bonheur de sa sagesse. Encore un panorama de rêve, comme toujours.
La face Nord de la Grande Ruine et la Barre au loin
Mat sur les arêtes
Malgré une mauvaise gestion des cordes qui nous a value notre propre honte, les habitants de l'Aigle furent d'une grande sympathie, en remerciant son humble gardienne, et en présentant nos sincères excuses à ceux que nous avons pu incommoder.
Le dimanche 17 juin nous avons tentés avec Mathieu la pente centrale du Pelvoux. Malgré que l'iso soit à 4000 en journée, nous nous y sommes frottés. Malheureusement quelques cailloux n'ont pas voulus de nous, et tranquillement nous sommes redescendus.
A savoir qu'il est important d'être accompagné en montagne par un compagnon du même niveau, pour qu'une fluidité soit présente tout le long de l'ascension. Autre que cela, une philosophie commune doit être trouvée, pour qu'harmonieusement tout se passe sans ambiguïtés, sans amertumes. La montagne est un milieu comme nul part ailleurs, elle doit être approchée avec un sérieux éléphantesque et une concentration extrème, accrue, sans aucuns décrochages tout du long. Une bonne expérience établie sur plusieurs sorties doit structurer les bases des bonnes connaissances en montagne. S'ajoute à cela une expérience théorique apportée par les livres d'instructions, les sites internet spécifiques.
N'hésitez pas à communiquer sans complexes entre vous, entre coéquipiers, afin de savoir qu'elles sont les choses qui ne vont pas, sans oublier celles qui vont.
Nous avons donc plus ou moins chacun une approche différente de la montagne, le but est alors de trouver un collègue avec lequel un rapport cohérent et une homogénéité spirituelle et physique sera possible.
Une cordée homogène pourra être rapide, les deux membres ayant une parfaite confiance, ils pourronts évoluer sans se soucier d'une moins grande maîtrise d'un des membres. La corde sera alors tendue et les emplacements des points d'assurage seront choisis de manière stratégique pour une évolutions fluide et efficace.
Cette recherche de vitesse aura alors pour objectif de pouvoir s'engager dans des itinéraires plus complexes et plus longs, où la vitesse d'évolution est uns des facteurs primordiaux de réussite, outre les difficultés techniques rencontrées peu difficiles (Arête SSE du Pic Gaspard, arête Ouest du Dôme des Ecrins, Traversée de la Meije, arête Nord du Sirac + traversée des arêtes).
Bien sûr reste t-il que cette approche est personnelle et résulte d'une volonté d'appliquer un régimes de méthodes claires et précises, dans un cadre sportif précis, délimitié, ici nous parlons d'alpinisme classique, où le niveau technique de grimpe est moins important que le niveau foncier (niveau d'escalade inférieur ou égal au grade V de type montagne, mais longue approche, longue durée d'ascension, longue descente).
Les autres types d'alpinisme ont tous leurs propres règles.
Je suis sûr que tout le monde peut trouver son double.
(Dans peu de temps interviendra un tableau de ces différents facteurs, ainsi que des explications plus explicites)
Bonne montagne.