Benjamin Védrines, montagnard passionné,
vous invite à partager sa montagne, à travers des articles originaux et informationnels.
Col Ouest du Pelvoux
Le premier juin deux mille douze
Le pic Jean Rey serait-il un volcan ?
Avant-hier, le 30 mai 2012, nous sommes partis avec Mathieu Guillo pour tenter la pente centrale du Pelvoux. Hélas la goulotte n’étant pas formée, Mathieu ayant quelque peu fait la « fête », nous avons préférés ne pas se frotter au V+ de départ. Pour autant nous n’avons point fait demi tour, bien au contraire, malgré le peu de force qu’il resté au Mat, nous avons réussi à faire le Col Ouest du Pelvoux, avec tout le matériel qui aurais du nous servir, mais qui, malheureusement, n’a servi strictement à rien, si ce n’est nous alourdir. Deux brins de cordes, des friends, des pitons, des broches, rien n’y a fait, nous n’avons pas eu à sortir quoique ce soit. Les dos s’en souviennent. En redescendant côté Sélé, nous avons pu expérimenter la luge sur les fesses, façon, bien que moins protocolaire, très pratique quand on s’enfonce jusqu’aux genoux ! Ce sera d’ailleurs Laura Garnier et son copain, ainsi que Mathéo Jacquemoud et son collègue (http://matheojacquemoud.com/2012/05/30/pelvoux-express/), qui goutteront le lendemain aux douces joies de la glissade non contrôlée !
Mat dans les séracs descendus la veille
Avant l'étroiture
Sous les séracs, rythmique un peu plus soutenue
La fameuse rampe
Au col, avant que la brume ne vienne tout cacher
Preuve à l'appui !
La descente sans les skis est piquante, les genoux plissent face au poids, les minutes défilent face au dénivelé, oh grand désespoir où sont les skis ?
Une belle journée…
Le lendemain 5h, quelques nuages parsèment le ciel ici et là, l’objectif d’aller skier le même couloir n’est pas pour aujourd’hui. Une petite ballade s’impose alors, en parcourant les sympathiques crêtes de Peyrolle depuis Briançon, en poussant jusqu’au granon, et en descendant sur chantemerle pour revenir par le « canal ». Des chamois broutent, des chocards croissent ( ?), et une petite hermine me dévisage, ou joue à cache cache. Elle fut plus à l’aise à ce jeu, même si sa curiosité l’a vendue, la voilà en première page !
La voila qui se faufile
Batman !
Elle est pas mignone ?
Rando-course, autoportrait des jambes, qui ne sert à rien en effet...
Briançon
La vallée de la guisane
L'intrus ?
Pissenlit et jansiane
Sur fond de serre che
Les pissenlits s’étirent, les chardons rayonnent, finalement il fait beau, tant mieux, on est bien ici, dans les champs.
Le lendemain 6h, qu’un fin sirus fait son malin, mais rien de méchant, c’est parti.
La neige n’a pas du tout regelée, même haut en altitude. Face aux séracs dégarnis de neige, j’imagine la descente, on verra bien. Quelques pierres fusent, çà ricoche, on lève la tête plus souvent, attentif.
Il était un peu lent, vu son poid...
Le v'la qui cavale !
Le souffle se fait rare aujourd’hui. Bientôt les séracs passés. Après quoi on s’engage dans un couloir à droite de l’étroiture que nous avions emprunté avec Mat. En haut du couloir des plaques de glace vive. Un abalakof préétabli avec une cordelette, pour la descente. Puis çà traverse horizontalement à gauche. Une petite goulotte bien réchauffée et quelques cailloux seront les seuls obstacles. Ensuite tout droit, dans l’axe des séracs qui n’ont pas l’air si méchants qu’on ne le dit. Enfin une nouvelle traversée horizontale à gauche, avec pour finir une rampe parfaite au milieu de la barre de sérac, qui amène directement sur le plateau avant le col.
La rampe vu de dedans
Les traces de montée
Bonne neige
Juste avant la traversée
Dans la "traversée", quelques virages sont quand même permis
Quelques mètres encore et les plaques de glace
La belle pente du sérac, qui finira bien par s'aplatir, et donner une belle pente régulière, comme au Coolidge ou à Roche Faurio
J’hésite, je préfère poser une main courante. Les premiers mètres avant la rampe sont gelés, la corde rassure, sans cela paraît dur, mais c’est possible, avec un piolet. Une fois la rampe passée, la traversée ne pose pas de problème, vient la pente raide, puis la nouvelle traversée, avec une pente un peu plus raide, la neige accroche bien, c’est parfait. Les plaques glacées sont là, deux virages et puis on sort le piolet, finalement pas de rappel, quelques escaliers feront l’affaire, ouf, c’est terminé.
Le couloir est celui de droite
Pour les séracs, le début passe, puis j’ai utilisé une rampe sur la gauche, qui descend assez bas, traversé horizontalement pour de nouveau utiliser la rampe qui amène presque au dernier passage. Le piolet servira de nouveau, la glace est trop proche.
Un joli paquet
Ça y est, c’est fini, après avoir visité trois fois cette branche du glacier noir, je suis content d’avoir pu concrétiser tout ça, c’est très joli !
PS : par contre les très gros coups de chaud annoncent bientôt la fin. Quelques photos pour vous informer :
Col de la Grande Sagne
Coolidge, avalanche
Les deux compères...
Le topo :